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Attaque inédite de l'Iran contre Israël
L'attaque directe menée par l'Iran contre Israël dans la nuit de samedi à dimanche est sans précédent dans les relations entre les deux états. Cette escalade intervient alors que Téhéran comme Tel Aviv s'imposent peu à peu comme les principales puissances et antagonistes dans cette région du Moyen-Orient. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Retour sur cinq dates qui permettent de comprendre comment la rivalité entre les deux pays est née.
En 1950, soit deux ans après la proclamation d'indépendance de l'État d'Israël, l'Iran est le deuxième pays dont la population est majoritairement musulmane à reconnaitre le pays, après la Turquie en 1949. L'entente entre les deux États s'explique alors par leur isolement régional. La population en Iran est perse et chiite, et donc minoritaire au Moyen-Orient, au milieu de pays arabes majoritairement sunnites. Par ailleurs, le pays est dirigé par le chah Mohammad Reza Pahlavi, dont la position est plutôt pro-occidentale.
De son côté, Tel Aviv est à la recherche d'alliés sur la scène internationale, alors que ses pays voisins ont juré lors de sa création de faire disparaître son État. Cette situation va conduire les deux pays à coopérer, notamment dans les domaines militaire et commercial, bien que les accords restent officieux.
En 1979, la révolution islamique renverse le Chah d'Iran. Avec l'arrivée de l'ayatollah Khomeini à la tête du pays, la république islamique d'Iran rejette toute reconnaissance de l'État d'Israël. Le dirigeant désigne le pays comme le "petit Satan", les États-Unis étant le "grand Satan". Dans cette continuité, l'Iran décide de soutenir la cause palestinienne. Le premier étranger à visiter officiellement l'Iran fut Arafat, dirigeant de l'Organisation de la Libération Palestinienne. C'est lors de cette visite qu'on lui remet les clés du bureau commercial israélien à Téhéran, qui remplissait précédemment des fonctions d'ambassade. La milice du Hezbollah est également créée en 1982 à Téhéran. Elle affrontera l'armée israélienne lors de plusieurs guerres du Liban.
Cette hostilité affichée n'empêche pas une coopération discrète sur certains points. Cette entente est notamment liée à la montée en puissance de l'Irak de Saddam Husseim, en guerre contre l'Iran de 1980 à 1988, et désignée comme une menace par les deux pays. Dans ce cadre, le dirigeant israélien de l'époque, Menahem Begin, va fournir 135 millions d'armes à l'Iran. En 1989, la presse américaine dévoile par ailleurs qu'Israël aurait acheté jusqu'à 36 millions de dollars de pétrole à l'Iran, en échange de son intervention pour la libération d'otages américains détenus par le Hezbollah au Liban.
Dans les années 1990, la puissance irakienne s'atténue, conduisant l'Iran et Israël à entrer directement en concurrence. Une guerre de l'ombre est menée, avec des attentats et des assassinats ciblés, mais qui ne sont pas forcément revendiqués. En février 1992, le chef du Hezbollah est tué et ce sont les services de renseignement israéliens qui sont accusés. La même année, quelques mois plus tard seulement, c'est l'ambassade d'Israël à Buenos Aires, en Argentine qui explose, tuant 29 personnes. Le Djihad islamique, proche de l'Iran, revendique l'attentat.
Parallèlement, l'Iran commence à s'armer. En 1998, le pays affirme avoir testé pour la première fois le missile sol-sol Chahab-3, d'une portée de 1300 km, et donc capable d'atteindre Israël. L'arrivée au pouvoir d'Ali Khamenei en Iran dans les années 2000, puis du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2005, n'améliorent pas les relations entre les deux pays. Le discours vis-à-vis d'Israël est de plus en virulent. Devant l'ONU notamment, Mahmoud Ahmadinejad prédit la disparition d'Israël et qualifie l'Holocauste de "mythe".
À partir de 2013, la Syrie, en pleine guerre, devient le théâtre de l'affrontement indirect entre les deux pays. Israël mène des centaines de frappes chez son voisin, ciblant les troupes gouvernementales, les forces iraniennes et les combattants du Hezbollah, qui soutiennent, eux, le régime de Bachar al-Assad.
C'est le programme nucléaire iranien qui cristallise les tensions entre les deux pays ces dernières années. La reprise du programme nucléaire civil iranien dans les années 1990 inquiète Israël, qui cherche tous les moyens pour l'en empêcher, craignant que l'Iran cherche à obtenir la bombe nucléaire. En 2010, les services secrets israéliens sont ainsi accusés par Téhéran d'avoir assassiné deux physiciens nucléaires iraniens, et d'en avoir enlevé un autre l'année précédente. La même année, une cyberattaque très sophistiquée via le virus St...
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